Stockage des EnR : une nouvelle batterie à base de molécules biodégradables

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Compte tenu des prévisions très positives de développement des énergies renouvelables intermittentes pour les années à venir, le marché du stockage de l’électricité est sans aucun doute un des marchés les plus prometteurs à l’heure actuelle.

Si la plupart des technologies proposées dans ce cadre restent encore expérimentales, trop coûteuses ou pas assez performantes, de nouvelles alternatives se développent chaque jour et interpellent par leur ingéniosité.

C’est notamment le cas de la start-up française Kemwatt et de sa batterie de stockage à base de molécules biodégradables.

Une nouvelle batterie de type Redox Flow

Encouragée par une levée de fonds réussie en début d’année, la start-up rennaise Kemwatt est entrée en phase d’expérimentation et vient de tester ces dernières semaines son premier prototype industriel de 10 kW. Son créneau, développer des batteries de stockage énergétique durables, c’est à dire sans aucun danger pour l’environnement. Pour cela, la société Kemwatt, née d’un travail de recherche au sein de l’Institut des sciences chimiques de Rennes, a développé un nouveau type de batterie basé sur l’utilisation d’électrolytes circulants de nouvelle génération, les rendant à la fois plus performantes et compétitives.

Compris dans la famille des batteries à circulation, dites également « Redox Flow », le prototype en question est composé d’un réservoir d’électrolyte séparé et mis en contact avec les électrodes au fur et à mesure de la réaction électrochimique. Le principal avantage de ce modèle repose sur le fait que la séparation électrolyte/cellule électrochimique permet un découplage entre la puissance disponible (dimensionnement de la cellule électrochimique) et la capacité énergétique du système (taille du réservoir d’électrolyte). Ainsi plus le réservoir est important, plus la quantité d’électricité stockée augmentera.

« Cela permet de s’adapter à des besoins de stockage accrus juste en augmentant la quantité de liquide », explique le président de Kemwatt François Huber dans la Tribune. Mais également de compter sur une durée de vie plus importante de l’ensemble du dispositif, le système des Redox Flow permettant de protéger davantage les électrodes. « Sur plus de 2.000 cycles, soit environ trois ans d’utilisation, nous n’avons constaté aucune dégradation », ajoute-t-il.

 

Des molécules organiques biodégradables

 

Mais la batterie Kemwatt n’est pas seulement une nouvelle batterie Redox Flow supplémentaire, elle innove et permet surtout de dépasser le principal défaut de ce type d’outil, à savoir le caractère corrosif et polluant de l’électrolyte utilisé et les coûts de sécurité et de maintenance qu’il implique. A la place, Kemwatt utilise ici une solution alcaline composée de molécules organiques biodégradables.

« En cas de fuite, il y aurait certes une atteinte à l’environnement à court ou moyen terme, à cause de l’altération du ph naturel », reconnaît François Huber. »Mais à la différence des métaux constituant la plupart des autres batteries, les molécules seraient entièrement digérées par des bactéries, ne laissant donc aucune trace », explique M. Huber. Déjà utilisées dans l’industrie, ces molécules fabriquées à base d’hydrocarbures (mais en quantité infime) sont très faciles à trouver et donc très abordables. Elles pourraient être aussi facilement recyclées et s’avère donc, compte tenu de leur durée de vie supérieur à la moyenne, beaucoup plus respectueuse de l’environnement que les batteries traditionnelles.

Une limite cependant, la batterie Kemwatt à l’instar de toutes les batteries Redox Flow, est incompatible avec l’alimentation des petits appareils voire de véhicules. La quantité d’énergie stockée pour le même volume d’électrolyte étant toujours inférieure à celle des batteries classiques. La société rennaise se dirige donc pour le moment vers le secteur industriel et cible principalement les intégrateurs de services énergétiques comme Siemens, General Electric, ABB, ou Schneider Electric. Elle planche notamment sur la mise en œuvre d’un nouveau démonstrateur de 20 k/W en 2017 et espère mettre en circulation son produit final sur le marché européen en 2018.

Source : http://lenergeek.com/2016/10/26/stockage-des-enr-une-nouvelle-batterie-a-base-de-molecules-biodegradables/

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